L’ARCHITECTURE
Il s'agit d'un site archéologique complexe unique en Europe caractérisé par quatre phases distinctes :
- l'Antiquité et le haut Moyen Âge forment la première, où les phénomènes majeurs sont sans conteste les traditions funéraires et la christianisation du lieu. - Une grande église carolingienne (IXe siècle) unifie les dispositifs morcelés antérieurs, témoignant sans doute du déclin des cultes funéraires au profit des offices eucharistiques. - La période monastique, à partir XIe siècle, qui définit la troisième, depuis l'essaimage des bénédictins de Saint-Chaffre à la disparition du prieuré en 1790.
-On peut enfin considérer, du fait de la précocité de la prise de conscience de l'intérêt du lieu (Champollion-Figeac, Prosper Mérimée) et des restaurations de la crypte au XIXe siècle que la période contemporaine, caractérisée par l'amenuisement progressif du culte paroissial au profit d'un usage culturel, est une phase architecturale en soi, avec des modifications profondes des structures bâties pour répondre aux nouveaux besoins exprimés.
Les trois dernières périodes ne se comprennent, tant dans leur existence même que dans leur forme, que par référence à la première : c'est la basilique funéraire primitive qui a donné son implantation à l'église, et l'espace cimétérial primitif qui dessine les contours des bâtiments conventuels ; c'est la qualité artistique de la même basilique qui a inspiré les transformations de la période contemporaine.
Enfin, force est de constater que, au contraire des splendeurs paléochrétiennes et de l'originalité de l'église carolingienne, les architectures médiévales, d'ailleurs remaniées et incomplètes, brillent essentiellement par leur médiocrité stylistique.
L’église funéraire cruciforme est un fleuron de l'art du haut Moyen Âge et son état de conservation est un cas unique en Europe. |